Quand la désillusion n’est pas loin

C’est très bon signe. Voilà qui pose un postulat au premier abord ironique mais pas du tout, loin de moi l’envie de prendre à contre-pied ce qui donne du sens à une situation, au premier abord, difficile à vivre. Et dans nos existences il y a pléthore d’occasions.

Dés-illusion : action de sortir de l’illusion ou sentiment d’une personne qui découvre une réalité non conforme à ce qu’elle attendait, à ce qu’elle avait imaginé. Pour ma part je trouve que l’un.e est le ressort de l’autre et inversement. Parce que c’est bien de cette articulation entre réel et illusion dont il s’agit. Qu’est-ce qui nous met dans le réel et qu’est-ce qui nous met dans l’illusion ?

Ce qui s’observe c’est que l’on a d’un côté une action et de l’autre un sentiment. Une clé peut-être ? Mais l’imagination n’est-elle pas un moteur de l’action ? Alors soit, imaginons. Mais l’action n’est-elle pas la création manifestée de cette imagination ? Alors soit, créons. Et l’attente que l’on nourrit n’est-elle pas le piège, la toile tissée de futures frustrations si ce que je suis en train de vivre ne correspond pas à ce que je veux, ce que je souhaite réellement.

Il ne peut y avoir d’erreur. Initier un mouvement, un projet, expérimenter une maladie, un divorce, décider d’une direction, d’un choix de vie, c’est prendre l’entière responsabilité de toutes les étapes, c’est assumer les conditions de ce que je crée et co-crée, c’est ajuster en toute intelligence les différents niveaux de compréhension de la situation dans sa globalité. C’est l’acceptation de ce qui est ici et maintenant. C’est savoir fermer la porte aux conditionnements passés, croyances et mémoires nous limitant. C’est réconcilier hier avec demain, toujours avec jamais. C’est faire une alchimie des énergies et forces en présence.

Ma grand-mère, aux questions existentielles que je pouvais lui poser avec insistance, répondait souvent : « Laisse toi agir ». Était-ce un début de sagesse, une invitation à entrer dans le mouvement de la vie, dans la vibration de l’acte inspiré ? Accueillir, faillir, jouir. Triptyque bousculant si ce n’est de ne pas oublier de lui accoler « et mourir ». Comme tout acte de création qui entre dans un processus relié à des phases distinctes, évolutives et involutives. Pour que l’ancien laisse place au nouveau. Pour que le processus de vie s’accomplisse entre naissance et mort.

La graine déploie son potentiel, s’abandonne à ce qu’elle est, donne le meilleur d’elle-même dans la joie et décline dans la paix de sa mission pleinement accomplie. Et aurait-elle rêvé un jour d’être un chêne ou un peuplier alors qu’elle était un roseau importe peu puisqu’elle sût plier sans jamais rompre.

Alors quand la désillusion n’est pas loin, c’est que le réel est proche de votre Conscience et vous rappelle dans un souffle la splendeur de Qui vous Êtes !

 

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